Directives Pastorales d’ECCLESIA’M 2020

L’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique est le Corps du Christ et le Temple de l’Esprit-Saint.

Elle est cependant composée à 100% de pécheurs. Cela est normal. Jésus a voulu que son Église soit un hôpital pour des pécheurs et non pas un refuge « 4 étoiles » pour des saints.

A bon droit, des hommes et des femmes reprochent à l’Église des limites bien réelles. La plupart de ces personnes sont sincères, mais ça ne veut pas dire que toutes ces critiques sont toujours dans la Vérité.

N’oublions jamais que, malgré la fragilité des membres (fidèles et pasteurs), l’Église Catholique est seule à rester fidèle depuis l’origine à tous les principaux commandements du Seigneur :

  • Elle soigne sur toute la planète les pauvres, les prisonniers, les malades et les ignorants (si elle était une ONG, elle serait de loin la plus grande du monde) (Matthieu 25,35) ;

  • Elle fait oeuvre de Miséricorde et remet les péchés au nom de Jésus (Matthieu 18,18) ; elle marche à la suite de Pierre et ses successeurs (Matthieu 16,18 ; Jean 21,17) ;

  • Elle maintient le peuple de Dieu dans l’Unité et la Communion Universelle et ne se répand pas en de multiples petites communautés indépendantes (Jean 17,21) ;

  • Elle prie sans cesse et non pas quelques heures par semaine (1 Thessaloniciens 5,17) ;

  • Elle renouvelle le sacrifice du Corps et du Sang en mémoire de Jésus (Luc 22,19) ;

  • Elle mange le Corps et boit le Sang du Seigneur pour avoir la Vie éternelle (Jean 6,54) ;

  • Elle prêche dans toutes les langues (Marc 16,15) ; elle prend Marie chez elle (Jean 19,27)

  • et enfin elle est persécutée : chaque jour (oui, chaque jour !), le sang de ses martyrs lui donne de suivre son Seigneur dans sa Pâque et de vivre les Béatitudes (Matthieu 5,12)…

D’un autre côté, nous ne pouvons ignorer certaines limites qui causent bien des souffrances qui la défigurent et entravent sa mission de montrer Jésus. Des scandales, des incohérences causent même le départ, sinon la perte, de nombreux frères et soeurs. Un prêtre a fait une grande enquête en Amérique latine qui a révélé :

1) Que des personnes qui viennent à l’Eglise ne se sentent pas suffisamment accueillies et aimées. Certaines parfois même se sentent jugées.

2) Que les fidèles ne reçoivent pas toujours un enseignement de qualité, c’est-à-dire biblique et doctrinal, capable de changer leur vie. Les pasteurs et prédicateurs ne leur indiquent pas clairement ce qu’ils doivent croire et ce qu’ils doivent faire.

3) Que pas assez de catholiques ont fait l’expérience de la rencontre personnelle de Jésus-Christ (en effet, quand on pense à tant de confirmés, de mariés et parents des  enfants baptisés qui, malgré les promesses, ne viennent plus à l’Eglise, ou encore aux contre-témoignages de certains fidèles responsables).

4) Que les baptisés de notre Eglise ne sont pas assez formés et encouragés à devenir systématiquement des missionnaires.

Les gens ne quittent donc pas l’Église du Christ pour des raisons doctrinales (par exemple parce qu’ils rejetteraient l’Eucharistie, le culte de la Vierge Marie et des saints ou le ministère du Pape), mais parce qu’ils n’ont pas fait avec nous, d’abord l’expérience de la communauté, ensuite l’expérience de la foi et enfin l’expérience d’une vie donnée à Dieu et missionnaire. Sans parler d’un certain complexe de supériorité, pour ne pas dire de la « vanité », qu’on trouve parfois dans notre Église…

Ces critiques sont fondées, je les fais miennes et j’en déduis trois directives pastorales qui vont mener de façon pratique notre mission de montrer Jésus.

Désormais notre pastorale devra permettre à tous les fidèles de faire les trois expériences suivantes, dans l’ordre de priorité :

La dimension familiale est fondamentale pour notre vie et pour notre salut. Fondée par Dieu, la famille est haïe par le démon et par le monde. Les Pères du Synode sur la Famille ont rappelé, dans un message au monde, que l’Eglise est une famille et « une famille de familles ».  Notre Église n’est pas assez familiale, pas suffisamment fraternelle et pas assez fondée sur les familles.

Toute communauté, en particulier les paroisses, doivent se considérer comme une famille. Aujourd’hui, nombre de nos paroisses ressemblent plus à des bureaux de douane, à des administrations du religieux, qu’à des familles. Il faudra en repenser le fonctionnement. D’un autre côté, nos familles ne sont pas assez ecclésiales. Si la famille n’est pas une petite Eglise, elle se détruit et détruit ses membres.

On doit donc y prier, y célébrer le Seigneur ; les parents doivent être les pasteurs de cette petite Eglise, les plus faibles doivent y être soignés et accueillis, les jeunes doivent y être éduqués dans l’Évangile !

Tous les agents de la pastorale doivent désormais chercher à exercer leur ministère dans l’Esprit-Saint et en vue de préparer des coeurs fervents à l’avènement de ce même Esprit-Saint dans les sacrements.

Trop de fidèles (et même des fidèles engagés) vivent comme les johannites d’Ephèse, ces disciples qui connaissaient le baptême de Jean mais qui « ne savaient même pas qu’il y avait un Esprit-Saint » (Actes 19,2).

Les prédications, le catéchisme et l’éducation des jeunes, la proclamation des lectures, la préparation aux sacrements, le soin des pauvres, des malades et des prisonniers, les prières de délivrance, l’animation des funérailles, le secrétariat paroissial, l’écoute, le chant choral l’enseignement de la sainte Ecriture… tous les ministères doivent désormais être repensés de façon charismatique en vue de montrer Jésus et de faire faire l’expérience de l’Esprit-Saint.

En effet, c’est une lourde responsabilité pour les héritiers du Royaume de Dieu que de se montrer peu aptes à en faire bénéficier TOUS nos frères, et de laisser les contre-témoignages de certains d’entre nous éloigner du salut les plus fragiles de ceux qui sont venus frapper à notre porte.

Alors que l’Esprit-Saint, par le Concile Vatican II, a demandé à l’Eglise Catholique d’être le Bon Samaritain de ce monde qui se meurt sur le bord du chemin, de s’approcher de lui, de le prendre dans ses bras, de le soigner et même de payer le prix de sa guérison, comment pouvons-nous avoir l’attitude du prêtre et du lévite qui, pour garder leur pureté, passent leur chemin sans toucher le moribond (Luc 10, 25-37) ?

Le temps est venu d’une conversion missionnaire de toute la vie de l’Eglise pour que chaque baptisé, chaque famille, chaque groupe, chaque mouvement, chaque paroisse n’ait d’autre souci que de montrer Jésus au monde qui l’attend.

«J’estime, disait saint Jean-Paul II, que le moment est venu d’engager toutes les forces ecclésiales dans la nouvelle évangélisation et dans la mission ad gentes. Aucun de ceux qui croient au Christ, aucune institution de l’Eglise ne peut se soustraire à ce devoir suprême : annoncer le Christ à tous les peuples.» – Redemptoris Missio, n°3, 1990

Pawol la té bien di ! N’est-ce pas ? Alors, qu’as-tu fait de cette invitation de l’Esprit-Saint !?

+ David Macaire

Archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France

2017-04-23T13:50:03+00:00

ECCLESIA’M 2020 est une démarche synodale qui repose sur :

- 3 directives pastorales (Faire faire l’expérience de la communauté, de l’Esprit- Saint et de la mission à chaque baptisé)
- 5 chantiers missionnaires et pastoraux composés de différents ateliers à mettre en oeuvre d’ici 2020 - Accompagner et protéger les familles, - Convertir la pastorale en Mission du Parvis, - Bâtir une éducation chrétienne, - Soigner et délivrer les âmes et Guérir le monde par l’Evangile.